L’IA et la formation des juniors en BFI

Les banques de financement et d’investissement sont entrées dans une nouvelle phase de transformation avec l’essor de l’intelligence artificielle.

L’IA modifie en profondeur les fondamentaux opérationnels des CIB. Elle accélère la vitesse d’exécution, améliore la précision de nombreux traitements et démultiplie les capacités d’exploitation des données et va impacter profondément la relation client.

Elle constitue également un levier puissant de réduction des coûts, notamment via l’automatisation des activités de middle et de back office, mais aussi d’une partie des tâches du front office. Ainsi, elle va prolonger et amplifier le mouvement d’industrialisation engagé depuis plusieurs décennies.

Le modèle économique des BFI va évoluer vers une architecture plus hybride. D’un côté, des plateformes intégrées, largement digitalisées, capables de délivrer de manière industrialisée des produits financiers standardisés, avec des solutions clients de plus en plus assistées par l’intelligence artificielle. De l’autre, des activités à forte intensité intellectuelle et relationnelle, où la valeur ajoutée humaine demeure centrale : conseil stratégique, structuration financière complexe, montages multiproduits…

Mais cette transformation soulève une question critique : celle de la formation des juniors.

Historiquement, l’apprentissage du métier reposait largement sur une progression par immersion. Les jeunes banquiers se formaient à travers des tâches à faible valeur ajoutée immédiate mais à forte valeur pédagogique, collecte et structuration de données, modélisations financières répétitives, préparation de pitchbooks…. Ces activités permettaient d’acquérir rigueur, réflexes analytiques et compréhension des produits.

Or, l’intelligence artificielle tend précisément à automatiser ou à réduire fortement ces tâches. Le risque est donc réel de voir disparaître une partie des ‘’rites d’apprentissage’’ qui permettaient la montée en compétence progressive des juniors.

Cela va obliger les banques à repenser leurs dispositifs de développement et nécessitera davantage de formation structurée, d’exposition plus rapide au client, de mentoring, d’apprentissage par travail sur des cas, et, sans doute, une réflexion plus large sur la manière de faire émerger l’expertise dans un univers où certaines étapes traditionnelles de l’apprentissage sont en voie d’automatisation.

C’est sans doute l’un des enjeux les plus structurants pour les BFI, comme pour d’autres sociétés de services (Conseil, Audit…) : réussir à former les experts de demain dans un monde où les parcours traditionnels sont remis en cause.

Précédent
Précédent

Pourquoi cours tu ?

Suivant
Suivant

Savoir s'entourer… comme Gengis Khan