Authenticité et leadership
À première vue, le sujet est paradoxal : nous aspirons à l’authenticité, tout en évoluant dans des organisations où la conformité est la règle et où chacun est appelé à incarner un rôle.
Comment résoudre ce conundrum ?
En cherchant le juste équilibre entre authenticité, rôle et responsabilité.
Être authentique ne signifie ni tout dire, ni tout montrer, ni tout livrer de soi. On n’est pas chez McDonald’s – ‘’ venez comme vous êtes ‘’.
Le travail est un espace social régi par des codes, des rôles et des enjeux de cohérence collective. L’authenticité ne légitime ni le fait d’être brut de décoffrage, ni celui de se comporter en sale type si l’on en est un.
➡️ L’authenticité n’est pas l’absence de filtre ; c’est la justesse du filtre.
➡️ Être authentique implique, de surcroit, de la cohérence dans le rôle professionnel que l’on occupe et dans ce que l’on attend de nous dans ce rôle.
➡️ Être authentique, c’est plutôt être aligné entre ce que l’on pense, ce que l’on ressent et ce que l’on exprime, agir en cohérence avec ses valeurs (congruence). Parce qu’on ne joue pas seulement un rôle : on incarne une cohérence.
➡️ C’est clé aussi pour l’équilibre personnel et le plaisir au travail et être véritablement à l’aise dans ses baskets.
➡️ C’est également ce qui nourrit la crédibilité et la confiance dont ion va bénéficier de la part ses équipes. C'est un fait que les gens, pour vous faire pleinement confiance, ont le sentiment d'avoir besoin de vous connaitre, d'être connecté avec vous.
Cette posture suppose de maintenir une distance professionnelle — indispensable pour garantir son autorité, son impartialité et la qualité de ses décisions.
L’enjeu, finalement, est de demeurer fidèle à soi-même, même s’il est utile, dans une certaine mesure, de différencier sa personne du rôle que l’on joue au travail et de garder ainsi un certain recul.
Au fond, comme l’a écrit si finement Jorge Luis Borges : ''Dans chaque homme, il y a toujours deux hommes, et le plus vrai, c’est l’autre.''