On ne parle plus de management. Seulement de leadership. Pourquoi?

Avez-vous remarqué ?
Là où l’on formait des managers, on développe désormais des leaders.
Depuis une vingtaine d’années, le discours sur le leadership a pris le relais, et souvent écrasé, celui sur le management.

Certes la notion de leadership est devenue très importante.  Parce que nous sommes passés d’une société de commandement à une société d’influence : il ne suffit plus de dire quoi faire, il faut expliquer pourquoi, convaincre, motiver, donner une direction.

Mais, opposer leadership et management n’a pas beaucoup de sens. Un management sans leadership manque d’inspiration. Un leadership sans management conduit au désordre. Ce sont ‘’les deux faces d’une même pièce’’ (Mintzberg).

Le leadership est, en réalité, une dimension du management.

Si le leadership a autant de succès, c’est aussi, évidemment, parce qu’il est plus ‘’glamour’’ : il fait vendre (livres, conférences, formation) et flatte l’égo (vision, charisme, impact).

Il faut dire également que, entre-temps, on a eu tendance à rendre le management responsable de tous les maux : bureaucratie, procédures, lenteur, contrôle…

Du coup, face aux dysfonctionnements organisationnels, on est tenté de demander au leadership d’apporter la solution.

Résultat : on déplace la focale vers des postures individuelles et on psychologise des problèmes organisationnels. On requiert alors de l’assertivité, de la résilience, de la communication ou de la bienveillance.

Le leadership, trop souvent, n’est pas simplement ajouté au management. Il s’y substitue.

C’est ce ‘’grand remplacement’’ qui pose question.

➡️ En réalité, le leadership n’est ni l’ennemi, ni le successeur du management. Le leadership n’a de sens que quand il s’inscrit dans un cadre organisationnel clair, lorsqu’il s’appuie sur des règles lisibles, lorsqu’il prolonge des décisions assumées, ce qui est l’essence du management.

➡️ Ceci ne remet pas en cause toute l’importance du leadership mais questionne l’usage que les organisations en font quand elles ne veulent plus se regarder elles-mêmes.

➡️ Dans cette perspective, le véritable enjeu n’est pas de former toujours plus de leaders, mais de concevoir des organisations qui rendent possible un leadership juste, incarné et soutenable.

Peter Drucker, le pape du management, disait très justement, en 1946 : ‘’Aucune institution ne peut survivre si elle a besoin de génies ou de super-héros pour la diriger. Elle doit être organisée de façon à pouvoir s'épanouir sous le leadership composite d'êtres humains normaux.’’

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